vendredi 4 septembre 2009

La reine du traquenard





Vous ne me voyez pas, mes chers petits insectes...
Vous voyez seulement ce qu’il vous plaît de voir :
Une toile perlée, blanche comme l’ivoire,
Le sautoir de rosée d’un aimable architecte ;

Pourquoi virevolter d’une aile circonspecte
Si ce charmant collier a su vous émouvoir ?
Puisque ma soie si chaste a ce puissant pouvoir,
Au moins j’aurai celui qu’elle vous soit suspecte

A la fin. Pose-toi voyageur fatigué !
Ton aile est vacillante et ton oeil intrigué,
Ta tête s’alourdit, ton ventre désespère :

As-tu jamais rêvé d’un refuge plus beau ?
Je te l’offre. Et mon pauvre époux, dans son tombeau,
T’accueillerait aussi -comme accueillent les pères.