dimanche 17 janvier 2010
Yama & Aishwarya
Erratum:
A 2 min 12 sec lire:
"Tout cela descendait, montait comme une vague (...)"
et
"On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague (...)"
jeudi 14 janvier 2010
mercredi 13 janvier 2010
mardi 12 janvier 2010
Histoire, lois et foetus
dimanche 10 janvier 2010
Felix et errabundus

A l'orient de jade, où souffle le brahman,
Il y a cette femme. Et mon âme en émoi,
Sentant d'ici le musc, l'encens et le benjoin,
Hurle à ce corps hideux et froid: "emporte-moi
Wagon! Enlève-moi frégate! Loin! Bien loin!
A l'orient de jade où souffle le brahman...
Reste, si tu le veux, dans ce pays étroit
Y laisser dépérir mon feu: je pars sans toi
A l'orient de jade où souffle le brahman."
Reste si tu le veux dans ce pays étroit:
A l'orient de jade, où souffle le brahman,
Il y a cette femme et mon âme en émoi.
In memoriam Charles Baudelaire.
vendredi 8 janvier 2010
Histoire, lois et Justice

J-A-D. Ingres, Le martyre de Saint-Symphorien
"NÉARQUE
Où pensez-vous aller?
POLYEUCTE
Au temple, où l'on m'appelle.
NÉARQUE
Quoi? Vous mêler aux vœux d'une troupe infidèle!
Oubliez-vous déjà que vous êtes chrétien?
POLYEUCTE
Vous, par qui je le suis, vous en souvient-il bien?
NÉARQUE
J'abhorre les faux dieux.
POLYEUCTE
Et moi, je les déteste.
NÉARQUE
Je tiens leur culte impie.
POLYEUCTE
Et je le tiens funeste.
NÉARQUE
Fuyez donc leurs autels.
POLYEUCTE
Je les veux renverser,
Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser.
Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes
Braver l'idolâtrie et montrer qui nous sommes.
C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir;
Je viens de le promettre, et je vais l'accomplir.
Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connaître
De cette occasion qu'il a sitôt fait naître,
Où déjà sa bonté, prête à me couronner,
Daigne éprouver la loi qu'il vient de me donner.
NÉARQUE
Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
POLYEUCTE
On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.
NÉARQUE
Vous trouverez la mort.
POLYEUCTE
Je la cherche pour lui.
NÉARQUE
Et si ce cœur s'ébranle?
POLYEUCTE
Il sera mon appui.
NÉARQUE
Il ne commande point que l'on s'y précipite.
POLYEUCTE
Plus elle est volontaire et plus elle mérite.
NÉARQUE
Il suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir.
POLYEUCTE
On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir.
NÉARQUE
Mais dans ce temple enfin la mort est assurée.
POLYEUCTE
Mais dans le ciel déjà la palme est préparée.
NÉARQUE
Par une sainte vie il faut la mériter.
POLYEUCTE
Mes crimes, en vivant, me la pourraient ôter.
Pourquoi mettre au hasard ce que la mort assure?
Quand elle ouvre le ciel, peut-elle sembler dure?
Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait;
La foi que j'ai reçue aspire à son effet.
Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte.
NÉARQUE
Ménagez votre vie, à Dieu même elle importe:
Vivez pour protéger les chrétiens en ces lieux.
POLYEUCTE
L'exemple de ma mort les fortifiera mieux.
NÉARQUE
Vous voulez donc mourir?
POLYEUCTE
Vous aimez donc à vivre?
NÉARQUE
Je ne puis déguiser que j'ai peine à vous suivre:
Sous l'horreur des tourments je crains de succomber.
POLYEUCTE
Qui marche assurément n'a point peur de tomber:
Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie.
Qui craint de le nier dans son âme le nie:
Il croit le pouvoir faire et doute de sa foi.
NÉARQUE,
Qui n'appréhende rien présume trop de soi.
POLYEUCTE
J'attends tout de sa grâce, et rien de ma faiblesse.
Mais loin de me presser, il faut que je vous presse!
D'où vient cette froideur?
NÉARQUE.
Dieu même a craint la mort.
POLYEUCTE
Il s'est offert pourtant: suivons ce saint effort;
Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles.
Il faut (je me souviens encor de vos paroles)
Négliger, pour lui plaire, et femme, et biens, et rang,
Exposer pour sa gloire et verser tout son sang.
Hélas! qu'avez-vous fait de cette amour parfaite
Que vous me souhaitiez, et que je vous souhaite?
S'il vous en reste encor, n'êtes-vous point jaloux
Qu'à grand' peine chrétien, j'en montre plus que vous?
NÉARQUE
Vous sortez du baptême et ce qui vous anime,
C'est sa grâce qu'en vous n'affaiblit aucun crime;
Comme encor toute entière elle agit pleinement,
Et tout semble possible à son feu véhément;
Mais cette même grâce, en moi diminuée,
Et par mille péchés sans cesse exténuée,
Agit aux grands effets avec tant de langueur
Que tout semble impossible à son peu de vigueur.
Cette indigne mollesse et ces lâches défenses
Sont des punitions qu'attirent mes offenses;
Mais Dieu, dont on ne doit jamais se défier,
Me donne votre exemple à me fortifier!
Allons, cher Polyeucte, allons aux yeux des hommes
Braver l'idolâtrie et montrer qui nous sommes.
Puissé-je vous donner l'exemple de souffrir,
Comme vous me donnez celui de vous offrir!
POLYEUCTE
A cet heureux transport que le ciel vous envoie,
Je reconnais Néarque, et j'en pleure de joie.
Ne perdons plus de temps: le sacrifice est prêt;
Allons-y du vrai Dieu, soutenir l'intérêt;
Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule
Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule;
Allons en éclairer l'aveuglement fatal;
Allons briser ces dieux de pierre et de métal:
Abandonnons nos jours à cette ardeur céleste;
Faisons triompher Dieu: qu'il dispose du reste!
NÉARQUE
Allons faire éclater sa gloire aux yeux de tous
Et répondre avec zèle à ce qu'il veut de nous."
Pierre Corneille, Polyeucte, Acte II - scène 6
Dédié à Robert Faurisson & Vincent Reynouard
vendredi 1 janvier 2010
Meilleurs voeux deux mille dix
Bonne et heureuse année lectrices et lecteurs
O combien avisés de venir à cette heure
Nourrir votre âme ici, sur le blog de Gérard,
Nombreuses et nombreux à trouver beaux et rares
Et les tours et les vers d’un poète modeste.
Ecrira-t-il pour vous un charmant palimpseste ?
Témoin de l’an passé rêvant les lendemains ?
« Hier fut désastreux : ne perdons pas la main.
Encourageons-nous tous à maintenir le cap,
Unissons nos efforts pour faire honneur au pape,
Rachetant ses péchés la veille de Noël,
Ecrasé sur le sol, le nez face à l’autel :
Un président fouettard, vers la rédemption,
Saura nous emmener, en rude procession,
Ecrasés sur le sol, le nez face à la banque.
Nous voilà bien partis : voyez la saltimbanque
Obsédée par le chant, qui a pris pour QG
Un de ces lieux friqués souvent fort mal jugés;
Voyez Quasimodo l’abriter de sa bosse
Et menacer Phébus, le poète colosse,
L’Apollon francilien, qui, en deux mille trois,
Leva notre étendard face aux affreux hongrois.
Ebaudissez-vous donc : nous voilà bien partis. »
Allons Gérard… Allons : quelle amère sortie !
N’oublie pas que le jour hérite de la nuit
Ni que les grandes joies succèdent aux ennuis,
Et préfère au pamphlet quelque simple blandice
Effaçant les maux : « Bonne année deux mille dix ! »
O combien avisés de venir à cette heure
Nourrir votre âme ici, sur le blog de Gérard,
Nombreuses et nombreux à trouver beaux et rares
Et les tours et les vers d’un poète modeste.
Ecrira-t-il pour vous un charmant palimpseste ?
Témoin de l’an passé rêvant les lendemains ?
« Hier fut désastreux : ne perdons pas la main.
Encourageons-nous tous à maintenir le cap,
Unissons nos efforts pour faire honneur au pape,
Rachetant ses péchés la veille de Noël,
Ecrasé sur le sol, le nez face à l’autel :
Un président fouettard, vers la rédemption,
Saura nous emmener, en rude procession,
Ecrasés sur le sol, le nez face à la banque.
Nous voilà bien partis : voyez la saltimbanque
Obsédée par le chant, qui a pris pour QG
Un de ces lieux friqués souvent fort mal jugés;
Voyez Quasimodo l’abriter de sa bosse
Et menacer Phébus, le poète colosse,
L’Apollon francilien, qui, en deux mille trois,
Leva notre étendard face aux affreux hongrois.
Ebaudissez-vous donc : nous voilà bien partis. »
Allons Gérard… Allons : quelle amère sortie !
N’oublie pas que le jour hérite de la nuit
Ni que les grandes joies succèdent aux ennuis,
Et préfère au pamphlet quelque simple blandice
Effaçant les maux : « Bonne année deux mille dix ! »
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