mardi 8 septembre 2009

Ishtar



"Assarhaddon, roi des pays, ne crains rien!

Quel vent s'est levé contre toi, dont je n'ai pas brisé les ailes?
Tes ennemis rouleront à tes pieds comme des pommes du mois de Simanu.
Je suis la Grande Dame, je suis Ishtar d'Arbèles, qui jette à bas tes ennemis devant toi.

T'ai-je jamais dit des paroles auxquelles tu n'as pu te fier?
Je suis Ishtar d'Arbèles. J'écorcherai tes ennemis et te les livrerai!
Je suis Ishtar d'Arbèles. Je marcherai devant et derrière toi!
Ne crains rien! Tu es paralysé, mais moi, au milieu des malheurs, je me lèverai et siégerai à ton côté!

De la bouche de Ishtar-la-tasiyat, ressortissant d'Arbèles."

SAA IX 1.1 (collection d'oracles)

dimanche 6 septembre 2009

O jantes boavista...





La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Jantes boavista, de fort belle couleur,
Une Polo passa, son turbocompresseur
Dominant le tumulte... Et je me reculai.

Puissante et noble avec sa ligne de statue,
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant
Dans ses enjoliveurs où germe l'ouragan
La fixité qui charme et le plaisir qui tue.

Un éclair...puis la nuit! Fugitive beauté
Dont le châssis m'a fait soudainement renaître
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

In memoriam Charles Baudelaire.

samedi 5 septembre 2009

Que la lumière soit!





Dieu est bon. Dieu est grand. Il est la lumière
Des cieux et de la terre
Qui ressemble aux clartés sortant des luminaires,
Brillants astres de verre.

Son combustible sourd d’un olivier céleste :
Une huile singulière
D’un arbre qui ne vient ni de l’ouest ni de l’est.
Lumière sur lumière !

Dieu dirige celui qu’il veut vers sa lumière;
Il donne ses images
Et ses comparaisons à la terre entière.
Dieu est bon. Dieu est sage.

Dans les maisons, que Dieu a permis d’élever,
Dont les hommes sont pieux
Et célèbrent ses noms le soir et au lever,
Lumière en chaque lieu !

Nul négoce et nul troc ne troublent leurs pensées ;
Ils redoutent le jour
Où les cœurs et les yeux seront bouleversés :
Dieu paie. Dieu paie toujours.

Il récompensera les meilleurs de leurs actes
Et donnera leur dû
A ceux qui ont rompu ou respecté le pacte :
Oui, Dieu est attendu !

Sachez que l’incroyance est comme le mirage :
Certains y voient de l’eau
Et accourent vers lui, mais trouvent Dieu le sage
Qui les paie aussitôt.

Elle ressemble aussi aux profondeurs des mers
Où l’onde couvre l’onde :
Si l’homme étend la main il ne voit que chimère
Et ténèbres profondes.

Si Dieu le généreux refuse sa lumière,
Nul recours contre lui !
Mais tous les animaux des cieux et de la terre
Louent son nom jour et nuit :

Il connaît leur prière et sait la recevoir,
Et quel que soit le lieu,
Dans les cieux, sur la terre : à lui seul le pouvoir.
Tout reviendra vers Dieu.

Librement inspiré de la sourate "la Lumière", du Coran.

vendredi 4 septembre 2009

La reine du traquenard





Vous ne me voyez pas, mes chers petits insectes...
Vous voyez seulement ce qu’il vous plaît de voir :
Une toile perlée, blanche comme l’ivoire,
Le sautoir de rosée d’un aimable architecte ;

Pourquoi virevolter d’une aile circonspecte
Si ce charmant collier a su vous émouvoir ?
Puisque ma soie si chaste a ce puissant pouvoir,
Au moins j’aurai celui qu’elle vous soit suspecte

A la fin. Pose-toi voyageur fatigué !
Ton aile est vacillante et ton oeil intrigué,
Ta tête s’alourdit, ton ventre désespère :

As-tu jamais rêvé d’un refuge plus beau ?
Je te l’offre. Et mon pauvre époux, dans son tombeau,
T’accueillerait aussi -comme accueillent les pères.

jeudi 3 septembre 2009

Le corbeau et le canard

Extrait du « Canard Enchaîné » de cette semaine :

« C’est à la fin septembre que le général Mc Chrystal, patron des forces alliées, fera le point avec Obama sur l’état de la guerre en Afghanistan. Il faut laisser au président américain le temps d’étudier les deux rapports que le général vient de remettre au commandement central des forces US. Naïf qui s’étonnerait de ce « comportement impérial » selon la formule d’un officier français de haut rang. C’est au président des Etats-Unis que s’adresse directement le général, et pas aux responsables politiques ou militaires des pays membres de l’OTAN, qui n’ont obtenu les rapports de Mc Chrystal qu’une fois ceux-ci parvenus au Pentagone ».
(…)
« A l’Elysée et à l’état-major français, on s’attend à devoir affronter de nouvelles exigences américaines. Plusieurs généraux des armées de terre et de l’air freinent déjà des quatre fers à l’idée d’envoyer d’avantage d’hommes au feu. »

Extrait du discours de M. De Villepin à l’Assemblée Nationale, salle Victor Hugo, le mercredi 1er avril 2009:

« Deuxième pari : codiriger l’OTAN... Je demande à voir ! Je demande à voir ce qu’en Afghanistan nous allons codiriger. Je vois très bien la nouvelle stratégie des Etats-Unis en Afghanistan et je vois très mal la contribution que nous y apportons. Arrivant en Europe, n’ayant rencontré personne, cette stratégie est définie ; effectivement c’est conforme à ce que j’ai toujours vu sur la scène internationale: les Etats-Unis ont une diplomatie qui suppose beaucoup de débats intérieurs, et une fois que cette diplomatie a arrêté ses positions, il y a peu de place pour la discussion avec les alliés. Très peu de place. Il va donc falloir une forte voix et beaucoup d’énergie pour se faire entendre. Or je ne suis pas sûr, en dépit des déclarations qui sont faites, que nous ayons tout à fait la même vision en Afghanistan (…) Dès lors que nos soldats sont là-bas, tout ceci mérite que l’on s’explique devant les français : j’attends donc non seulement la voix de la France, mais j’attends également d’être informé sur les critères qui feront que nous considérerons telle ou telle stratégie comme marquant des points, confortant ou non le maintien de nos forces là-bas. (…) Mais ne nous habituons pas à considérer comme normal l’envoi des troupes françaises sur un quelconque théâtre : c’est toujours un compte à rebours quand on envoie des troupes, et c’est toujours une nécessité que de prévoir leur retour (…) ».

mercredi 2 septembre 2009

Journalisme

Extrait de l'entretien entre messieurs Jean-Claude Marin ("JCM" dans le texte ci-dessous), procureur de la république de Paris, et Jean-Pierre Elkabbach (JPE), journaliste d'Europe 1, le vendredi 28 août 2009:


Remarque préliminaire: les fautes de syntaxe commises par monsieur Elkabbach n'ont pas été corrigées afin de ne faire aucune erreur d'interprétation.


JPE: A quelques jours de ce procès, monsieur Jean-Claude Marin, quels sont les faits, qui, selon vous, sont établis?
JCM: Pour moi, il est totalement établi que les listings -dits "de la banque Clearstream", sont des listings qui ont été falsifiés pour nuire, et servir certains intérêts particuliers.
JPE: De qui?
JCM: D'abord d'un membre de la société EADS, le numéro 3, monsieur Jacques Morin, qui avait des comptes à régler et qui avait des fantasmes notamment sur la disparition de Jean-Luc Lagardère.
JPE: Donc vous en faites, de Jean-Louis Gergorin, l'inspirateur ou l'instigateur?
JCM: J'en fait un des inspirateurs et un des instigateurs. Derrière, il y a un homme de main qui s'appelle Lahoud. Et enfin, enfin -là les thèses divergent entre les juges d'instruction et le ministère public, il y a le rôle de monsieur De Villepin, dont les juges disent qu'il est l'instigateur premier de l'ensemble du système, moi dont je dis qu'il est un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient.
JPE: C'est à dire qu'il n'aurait pas inspiré une affaire qui lui a été présentée mais qu'il l'aurait exploitée?
JCM: Il a, à mon avis, mais l'audience sera essentielle parce qu'on va mettre...
JPE: on y viendra.
JCM: ... on va mettre face au public tous les éléments et face au tribunal tous les éléments, mais je pense qu'il y a, par-delà un effet d'aubaine dans un combat politique que l'on connaît, il y a une utilisation frauduleuse d'une information que l'on savait fausse par un corbeau que l'on connaissait.
JPE: Le corbeau étant?
JCM: Jean-Louis Gergorin.
JPE: Et donc Dominique de Villepin, si ces propos -les vôtres, sont vrais, il en aurait profité passivement?
JCM: C'est la thèse que nous avons développée et que nous soumettons au tribunal.
JPE: Et vous avez des preuves?
JCM: Nous avons un certain nombre d'éléments qui sont des éléments à la fois concrets, écrits - et notamment les verbatim du général Rondot. Nous avons un certain nombre d'éléments de circonstance. Le tribunal en décidera.
(...)




Article 434-16 du code pénal 2009: "La publication, avant l'intervention de la décision juridictionnelle définitive, de commentaires tendant à exercer des pressions en vue d'influencer les déclarations des témoins ou la décision des juridictions d'instruction ou de jugement est punie de six mois d'emprisonnement et de 75 000 Euros d'amende. Lorsque l'infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables"
v. circ. 14 mai 1993, n° [346]
Corresp.: c. pén., ancien art. 227.


Jurisprudence n°1 (pressions): l'art. 227 du code pénal n'incrimine les commentaires publiés avant l'intervention d'une décision juridictionnelle définitive que dans la mesure où ils tendent à exercer des pressions sur les déclarations des témoins ou la décision des juridictions d'instruction ou de jugement. Crim. 15 mai 1961: Bull. crim. n°257; 5CP 1961.11.12233, note Mimin; RSC 1961.803, obs. Hugueney. 2 mai 1963: Bull. crim. n°164; D. 1965.235, note Souty; RSC 1963.802, obs. Hugueney. 4 nov. 1987: Bull. crim. n° 388. 27 oct. 1992: ibid. n°343.


Jurisprudence n°2: la cour de cassation a le contrôle du point de savoir, au vu desdits commentaires, si dans les termes et dans la forme où ils sont établis, ils tendaient à exercer lesdites pressions. Crim 2 mai 1963: préc. note 1. 4 nov. 1987: préc. note 1. 27 oct. 1992: préc. note 1.

Orchidée





Oui, humains : je vous vois ! Tous les jours. Vos crépides
Me frôlent quelquefois, et, au moindre contact,
Je frissonne et je prie pour qu’on me laisse intacte.
O Pan, éloigne donc ces foulées intrépides :

J’ai peur. Mais laisse-moi les propos insipides,
Les conversations vaines comme des tracts :
Dans mon opéra vert il me faut un entracte ;
Car moi, petite fleur, de vos grands airs stupides,

Je ris ! Voyez cet homme et voyez cette femme :
Ils sont grands, ils sont lourds, et leurs rires énormes
Ponctuent affreusement la grossière gamme

De leurs sons. Poursuivez ! J’aime changer de formes,
J’aime changer de bruits et j’aime voir Cybèle
Habillée de laideur alors que je suis belle.